Découvrir "la magie des églises romanes"
L'Auvergne et le Massif Central possèdent le patrimoine roman le plus riche de France. Mais c'est le hasard qui a conduit André Aubazac, Lozérien, à s'intéresser de plus près à ces magnifiques édifices qui, selon lui, sont capables de prouesses sur la vitalité du corps humain. Ce qu'il explique dans son dernier livre…
IL faut se replacer dans le contexte. Faire un retour en arrière de quelques centaines d'années pour se retrouver au Moyen-Age, au temps des bâtisseurs. " A cette époque, il y avait beaucoup de monde sur les routes, raconte André Aubazac. C'était la fin du servage et, devenus libres, les serfs deviennent des pèlerins assidus à la recherche d'un emploi, d'un mieux être ou d'une guérison. " Les églises d'alors paraissaient indestructibles et servaient autant de lieu de refuge et d'échanges commerciaux que de lieu de culte et de prière. " L'architecture prend alors son essor et joue un rôle moteur dans l'économie du pays, poursuit avec enthousiasme celui qui se passionne pour le sujet depuis une trentaine d'années. Des moines habiles deviennent architectes accumulant un savoir basé sur la connaissance et la manipulation des nombres. C'était une profession de savoir et de foi. "
Nombre d'or
Les plans de ces maîtres bâtisseurs s'attachaient à respecter des proportions d'ensemble basées sur une unité de mesure qui a été, plus tard, appelé le " nombre d'or " (1/1,618) aux propriétés arithmétiques, algébriques et géométriques tellement fascinantes qu'il fut aussi appelé " divine proportion ". L'auteur est intarissable. Et pourtant, rien ne le prédestinait à se pencher sur ce genre de connaissances. " Tout a commencé par un menhir ! se souvient-il. Il y a trente ans, au hasard d'une promenade du côté des sources de l'Allier, j'en ai trouvé un, couché. Je me suis mis en rapport avec la DRAC qui m'a donné les instructions nécessaires mais m'a laissé me débrouil-ler pour relever ces six tonnes de pierre… " Voilà de quoi exciter sa curiosité.
Un autre " hasard " l'amène à acquérir une masure, en Lozère. Et là, en nettoyant les ruines, il trouve… un menhir enchâssé dans un mur ! Du coup, l'ancien employé de banque d'alors se met en relation avec Jacques Bonvin, connu pour son travail sur la géobiologie du sacré. C'est le début d'une recherche qui n'a pas cessé. Toujours aussi passionnante pour cet insatiable curieux.
Cours d'eau souterrains
De fil en aiguille, André Aubazac accumule des connaissances jusqu'au jour où il décide de faire un puits, dans son jardin de La Roche-Blanche. " J'ai creusé tout un hiver, jusqu'à 7 m de profondeur, mais n'ai pas trouvé d'eau. J'ai fait venir un sourcier qui en a trouvé.. 10 m plus loin et à 13 m de profondeur ! Je me suis dit : " Bonté ! Et si j'essayais ? " Je me suis fabriqué des baguettes avec du fil de fer et je me suis habitué à les manipuler… " Maintenant qu'il trouve l'eau, le sourcier est… intarissable ! Il par-court le monde ses baguettes à la main. Mais ce qui l'intéresse plus que tout, ce sont les églises romanes, et en bon Lozérien, plus particulièrement celle de Langogne. " Je l'ai sillonnée de long en large et en travers, finissant par percer le secret de sa magie : les innombrables cours d'eau souterrains qui la quadrillent, avoue-t-il. Car l'eau est indissociable de ces édifices du XIè et du XII é siècles. Elle en est même la clé de voûte ! Selon lui, les bâtisseurs agençaient dans l'édifice qu'ils mettaient une centaine d'années à construire, un parcours initiatique qui imprégnait passivement le corps du pèlerin des divers champs vibratoires traversés.
Energie tellurique
André Aubazac va même plus loin en affirmant que " de nos jours, les liaisons hert-ziennes approchent de la saturation et posent des problèmes mal maîtrisés. Mais la magie d'une église romane et de ses énergies cosmotelluriques parfaitement connues au Moyen-Age, peut déboucher sur des solutions non alambiquées permettant d'affronter sereinement les assauts des moyens modernes de communication ". Autrement dit, il nous suffirait de redécouvrir ce que les géniaux bâtisseurs d'autrefois avaient mis en place dans nos églises pour équilibrer nos corps et nos énergies malmenés par la modernité ! Tout un programme que notre homme, bouleversé par ces phénomènes, a décidé de relater, " histoire de bien d'occuper mes longues journées d'hiver " !
Natalie Georges.
" La magie des églises romanes ", d'André Aubazac, est disponible chez l'auteur ( 04 73 79 47 06 / 06 75 04 49 08).
En attendant la prochaine réouverture de l'église Notre-Dame-du-Port, on peut visiter l'Espace art roman, à la Maison du Tourisme de Clermont-Ferrand. Renseignements : 04 73 98 65 00.
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