STADE Marcel-Michelin. Samedi 12 mai. 20 heures. Tony Marsh foule pour la dernière fois en match officiel la pelouse fétiche du club de son cœur. Le public, debout, scande son nom. Après un dernier tour d’honneur, le néo-zélandais, la larme à l’œil, se prête de bonne grâce au jeu des autographes et aux photos souvenir. Une heure de communion avec les supporters. Une page se tourne…
A 34 ans, le trois-quart centre international de l’ASM Clermont Auvergne Rugby a donc décidé de raccrocher les crampons, afin de ne pas faire « la saison de trop ». Une décision prise au cours des six derniers mois, le temps de s’y préparer mentalement : « Le club va me manquer, le public et les gens d’ici aussi. Les six premiers mois risquent d’être durs mais beaucoup de belles choses m’attendent encore. Je ne remercierai jamais assez l’ASM pour tout ce qu’elle m’a apporté », soulignait le maori, à la fin du match contre Albi.
Victorieux d’un cancer en 2003, rarement épargné par les blessures, Tony Marsh a su, au cours de sa carrière, rebondir et revenir plus fort, signe d’une force morale et physique hors du commun. Avec 21 sélections en équipe de France, il aura été l’un des fers de lance du Grand chelem 2002, et restera « un modèle de professionnalisme », comme le soulignait son compatriote et entraîneur Vern Cotter. Beau compliment venant de la part d’un « bourreau » de travail et de rigueur.
L’avenir ? Il passe désormais par une reconversion en qualité de professeur de fitness, avec une formation cet été en Espagne, puis un retour en Nouvelle-Zélande.
Restera le souvenir d’un jouer racé et véloce, d’un homme discret et généreux, tant sur les terrains qu’en dehors, très impliqué auprès des enfants atteints de cancers, à travers l’association ACTE notamment, qu’il suivait fidèlement depuis de longues années. Mais pour l’heure, la saison n’est pas encore finie. Les clermontois ont étrillé leurs hôtes Albigeois, 70 à 6, avec dix essais à la clé. La route des demi-finales est ouverte… « The show must go on », mister Tony !