Karin Viard : Femme d'affaires en proie au " Baby blues "
FABRIZIO, acousticien, et Alex, directrice marketing d'une importante société, forment un couple heureux, et égoïste puisqu'ils ont décidé, pour ne perturber ni leur amour ni leur carrière, de ne pas avoir d'enfants et de se contenter de leur vieille chienne Esperanza, peu encombrante. Mais alors qu'Alex s'apprête à accepter une superbe promotion aux États-Unis, son instinct maternel se réveille. À l'approche de la quarantaine, il lui semble temps d'avoir un bébé, ce que refuse absolument Fabrizio. Chacun consulte alors une psy, sans savoir qu'il s'agit de la même. Ce qui n'arrange rien, puisque leur couple commence à se dégrader jusqu'à arriver à une rupture.
On appelle " Baby Blues " le léger stress qui peut suivre un accouchement. Co-scénariste et réalisatrice, Diane Bertrand utilise ce titre pour traiter de façon divertis-sante un problème contemporain, celui des femmes très brillantes occupant des postes de responsabilité et craignant que l'arrivée d'un enfant compromette leur réussite pro-fessionnelle.
" Le problème de ces femmes, explique-t-elle, n'est pas seulement de savoir si elles veulent ou non un enfant, mais aussi leur angoisse de ne pas réussir à tout gérer. Comment, dans la société actuelle, arriver à être en même temps mère aimante, dispo-nible au boulot et à la maison tout en restant jeune et désirable ? Je trouvais intéressant d'évoquer ces questions sur un ton délibérément léger. Faire rire et émouvoir sur des questions qui nous touchent est un joli challenge. "
Un autre aspect amusant de l'histoire réside dans le personnage d'une psychologue peu à peu déstabilisée par ses clients et qui, de son côté, doit se faire soigner. Un personnage interprété de façon hilarante par Valérie Benguigui, avec un arrière plan très documenté. Et pour cause, car Diane Bertrand reconnaît s'être allongée sur le divan : " J'ai eu recours à un psy et mon co-scénariste, Bruno Japy, aussi. Forcément, ça aide. Mais la psy du film, même plausible, reste un personnage de cinéma que l'on s'est amusé à mettre dans des situations impossibles et très drôles. "
Comédie sentimentale
Parmi les interprètes, Stefano Accorsi, fort bel homme jouant de son tempérament et de son accent italien, ne pourra que séduire et Jean-Marc Barr campe un PDG bien sous tous rapports. Mention spéciale à la chienne Esperanza, drôle et émouvante même si elle cabotine un peu. Et surtout, Karin Viard prouve une fois de plus son talent en composant une Alex tour à tour enjouée, amoureuse, femme d'affaires dynamique, désemparée, toujours avec la vérité permettant aux spectatrices concernées de s'identifier au personnage.
" J'ai lu le scénario et il m'a beaucoup fait rire, raconte-t-elle. Le transfert d'affection vers la chienne Esperanza m'a plu, les rapports entre les personnages aussi. Et puis je me suis dis que, le temps passant, je ne pourrais plus bientôt aborder ce genre de rôles et j'ai donc sauté sur l'occasion. Les comédies romantiques à 50 piges, cela ne passe pas très bien. "
Karin Viard résume la personnalité d'Alex et évoque son partenaire, Stefano Accor-si : " Alex est une battante, presque un garçon, elle porte des cravates, des gilets sans manche, et son désir d'enfant n'est pas simple. Elle s'impose une tyrannie comme si elle avait honte de s'avouer cette envie et elle a besoin du désir de l'autre pour exprimer le sien. Je me suis dit qu'ayant été élevée avec une forte présence masculine, celle de son père, cela l'empêchait, à 40 ans, de bien exprimer sa féminité. Quant à Stefano, son accent italien me charmait et m'amusait. Notre association était une bonne idée, il a une sorte de virilité indiscutable, une façon d'être mec, sans arrogance et avec du charme. "
En conclusion, Diane Bertrand qui, après deux films sérieux, s'est donc lancée dans la comédie romantique, déclare : " J'opterais plutôt pour l'expression "comédie sentimentale". J'adore les comédies américaines des années 50, les films de Capra, Lubitsch, Cukor, mais je ne cherche pas à les égaler. Tout ce que je peux dire, c'est que " Baby Blues " n'est pas de la grosse comédie. "
René QUINSON
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