Rencontre : Jeanne, joueuse au LABC : " Fière de m'appeler Senghor ! "
Originaire de Dakar Jeanne Senghor a intégré le LABC en septembre. Son lien de parenté avec l'ancien président sénégalais et poète francophone Léopold Sédar Senghor raisonne particulièrement à Limoges, capitale de la Francophonie. Avec Aimé Césaire son aïeul fut l'un des chantres de la négritude. A vingtsix ans la basketteuse souhaite rebondir après une saison passée sur le banc à Charleville-Mézières.
INFO.- Quelle est votre lien de parenté avec Léopold Sédar Senghor ?

La basketteuse a lu en partie l'œuvre de son illustre aïeul…
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JEANNE SENGHOR- Le père de mon grand-père était le frère de Léopold, donc c'était mon arrière grand-père. Je ne l'ai personnellement jamais côtoyé. Il est décédé en 2001 mais il avait quitté le Sénégal depuis longtemps, après sa démission en 1980 avant la fin de son cinquième mandat de président. Il a fini sa vie en France, en Nor-mandie auprès de son épouse Colette. Comme je suis née en 1982 je n'ai pas eu l'oc-casion de le rencontrer, ce que je regrette. Je suis allée à ses funérailles nationales à Dakar, au cimetière de Bel Air. Le gouvernement avait décrété un deuil de plusieurs jours. Des milliers de gens sont venus de tout le Sénégal et même de plusieurs pays d'Afrique pour lui rendre un dernier hommage. Cet homme a compté au Sénégal, le peuple a été très attristé par sa disparition, même s'il ne vivait plus au pays. Les gens sont très reconnaissants pour ce qu'il a apporté au peuple. Ils continuent d'ailleurs de déposer des fleurs sur sa tombe.
I.- Que savez-vous de sa carrière d'homme politique et d'écrivain ?
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Débarquée à Limoges en août elle ignorait le palmarès du CSP et les liens étroits entre Limoges et la francophonie…
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J. S.- J'ai connu sa carrière à travers la presse et la télévision qui diffuse régulièrement des émissions sur sa vie, mais d'abord à l'école puisque sa carrière fait partie des cours. Je n'en ai retenu que du bien. Ma grand-mère m'en a parlé aussi un peu et, au Sénégal, le nom de Senghor est très honoré. Plus d'une centaine de personnes portent encore ce nom. Lorsque j'étais petite j'étais très contente et fière de m'appeler Senghor. Je ressens toujours ce sentiment de fierté depuis que je suis arrivée en France. Lorsque je dis mon nom aux gens, ils me répondent " comme le poète ". Car pour moi Léopold est d'abord un poète avant d'être un homme politique. J'ai lu quelques uns de ses livres lorsque j'étais plus jeune. En tant qu'homme politique je sais qu'il a travaillé pour son pays, pour son indépendance, il a fait beaucoup de bien. Son nom est resté dans la mémoire du peuple sénégalais pour tout ce qu'il a fait. J'apprends sans cesse des choses sur sa vie, comme dernièrement dans une émission, où j'ai appris qu'il avait été prisonnier en France pendant la seconde guerre, qu'il a failli être fusillé et qu'il a été résistant aussi.
I.- Savez-vous que Limoges est la capitale de la francophonie ?
J. S.- Pas du tout je suis arrivée à Limoges en août, je n'ai pas eu encore le temps de me balader en ville, je ne connais que la salle Mu où on joue et la Préfecture. Je ne connais pas non plus la bibliothèque. Lorsque j'ai su que je venais jouer à Limoges, je ne connaissais même pas le palmarès du CSP et encore moins que le basket avait une telle importance dans cette ville. Les soirs de match la salle est pleine, on sent qu'il y a dans cette ville une vraie culture basket y compris pour les matches de filles. Lorsque j'ai été contacté par le LABC j'avais envie de prendre une année sabbatique. Je n'ai pas passé une bonne saison, l'an dernier, à Charleville-Mézières, je suis restée beaucoup sur le banc, je voulais quitter le nord. Je suis rentrée au Sénégal à la fin de la saison et, avec l'équipe nationale, nous avons participé aux JO de Pékin mais nous n'avons pas été qualifiées. Cela m'a changé les idées... Mes parents et mon mari m'ont conseillé de poursuivre ma carrière. J'ai à présent envie de rebondir, de retrouver l'envie avec le LABC, c'est une belle opportunité, je suis en progression depuis le début du championnat. Je suis dans une équipe jeune où l'entente est bonne, l'objectif
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Descendante du poète Léopold Sédar Senghor, Jeanne Senghor a été recrutée par le LABC cet été…
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est de jouer les play-off et de finir dans le haut du tableau.
I.- Comment avez-vous débuté votre carrière professionnelle ?
J. S.- Je viens d'une famille de basketteurs, mon père Pierre a joué en amateur, ma tante Madeleine a été pro à Dijon et Tarbes, mon oncle Léopold a été amateur aussi au Sénégal. J'ai débuté le basket lorsque mon père était entraîneur de l'U.S. Gorée à côté de Dakar, j'avais huit ou neuf ans. Je ne voulais pas faire de basket, je préférais la na-tation. Lorsque j'étais au collège les dirigeants de la Jeanne d'Arc, un club de Dakar, m'ont contactée, j'ai commencé alors sérieusement à jouer, j'avais une douzaine d'an-nées. J'ai joué en minimes, cadettes, juniors et un an en seniors, puis j'ai arrêté mes études pour me consacrer au basket. J'ai signé mon premier contrat pro à la Jeanne d'Arc en 2001. L'année suivante j'ai été sélectionnée en équipe nationale moins de vingt avec laquelle j'ai été vice-championne d'Afrique. En 2003 nous avons fait les jeux africains, au Nigeria, et fini 3ème. Puis j'ai fait une saison en 2003/2004 à l'U. S. Gorée que je n'ai pas terminée car je suis partie pour la France en 2004.
I.- Pourquoi avez-vous choisi la France ?
J. S.- Ma tante, l'ancienne pro qui habite à Tarbes, m'a conseillé de venir en France pour faire quelques essais. Le règlement des instances du basket ayant changé, je n'ai pas pu jouer immédiatement. Il fallait que je sois présente en France depuis 2003... Je me suis alors entraînée avec l'équipe 1 de Tarbes et j'ai joué avec l'équipe départemen-tale pour garder la main. En 2005 je suis venue une première fois à Limoges pour faire des tests mais j'ai signé au club du Temple-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, qui jouait en Nationale 1. J'y suis restée deux saisons et en 2007 je suis partie à Charleville-Mézières. Cette même année avec l'équipe nationale du Sénégal, j'ai participé à nou-veaux aux jeux africains, à Alger, et nous avons été championne d'Afrique. J'ai aussi joué la Coupe d'Afrique des clubs, nous avons été vice-championne derrière le Mali.
Propos recueillis par
Corinne Mérigaud
Photos © Yves Dussuchaud
Léopold Sédar Senghor en bref
Né en 1906 Léopold Sédar Senghor fut élu premier président du Sénégal en 1960, fonction qu'il occupa jusqu'à sa démission en 1980. Il fut également ee premier africain à siéger à l'Académie Française en 1983. Enfant il est excellent élève et part en France à 22 ans pour poursuivre ses études. Il échoue au concours de l'Ecole normale supérieure mais rencontre Aimé Césaire avec lequel il fonde, en 1934, le journal L'étudiant noir.
Il décroche le concours de l'agrégation de grammaire en 1935 et débute une carrière de prof de lettres classiques à Tours puis à Paris. En 1939 il est fantassin 2e classe dans un régiment d'infanterie coloniale. Arrêté il transite dans des camps avant d'arriver à Poitiers où il échappe in extremis à une exécution. Il est transféré dans un camp disciplinaire des Landes, il y reste deux ans et rédige des poèmes.
Socialiste il sera secrétaire d'Etat du gouvernement Edgar Faure en 1955, puis mi-nistre sous Debré en 1959 et chargé d'élaborer la Vème République. En 1964 il signe " Liberté " en 5 volumes. Elu Président du Sénégal il rédige l'hymne national, instaure un régime présidentiel échappe à un attentat en 1967. Anti-colonialiste et anti-esclavagiste il sera l'un des chantres du concept de négritude avec Aimé Césaire. Il a soutenu la création de la Francophonie et fut le vice-président du Haut-Conseil de la Francophonie. (source Wikipédia)
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Une mauvaise blessure
Blessée lors du match contre Colomiers, le 25 octobre, Jeanne Senghor souffre d'une inflammation du talon d'Achille et d'une entorse au genou. Son état n'a pas né-cessité d'intervention chirurgicale mais une rééducation par le kiné du club Aurélien Deblois. " Ca va mieux le moral est bon je pense reprendre très prochainement si tout se passe bien ". Après dix matchs le LABC est seul en tête du championnat et l'équipe fera son maximum pour conserver sa place de leader, au moins jusqu'à la trève le 20 décembre.
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