Cama, 20 ans de sculpture : il faut le fer !
CAMA affirme avec simplicité, qu'elle est une " Essayiste "...avant tout, même si, cette année elle fête ses presque 20 ans de sculpture. Il faut le fer ! Et du fer comme de la lave, elle en a, elle en fait, elle en défait, elle en refait. Pour toujours mêler le chaud et le froid, le terrestre et l'aérien.
Si Cama conjugue la pierre de lave et l'acier, d'où sont nées plusieurs séries de ces 15 dernières années " Les Nymphes Vulcaines", " La Cité Perdue ", " Le Peuple du Taïhong", " Empreinte du Mékong " " Le Petit Super Marché de l'Art", " On connaît la Chanson ", c'est qu'elle aime le présent, le passé, l'imparfait du subjectif et le futur bien sûr. Aucun temps ne lui résiste même pas les grands froids qui gèlent ses doigts dans son atelier ouvert à tous les vents !
Cama, c'est dans une main une formation de tailleur de pierre à l'Ecole d'Architecture de Volvic et dans l'autre, celle de Métallier-Ferronnier à l'AFPA de Montluçon, les deux réunies ça crée l'essence même de son oeuvre : l'intransigeance esthétique. De la maîtrise de ses gestes Cama fait ainsi naître la complémentarité binaire entre la force et la beauté, entre le froid du métal et de la pierre, et l'illumination rendue par des feuilles d'or et de patine.
Faut-il parler d'équilibre? D'élévation? Voir d'interrogation sur le monde au travers de ses sculptures d'acier trempé ou de part de rêve laissé à l'imagination dans une savante mise en scène. Ce qu'il y a de sûr c'est que le travail de Cama fait non seulement parler, mais aussi rêver. C'est pourquoi, au premier jour de l'inauguration qui eut lieu, le 23 novembre dernier, on pouvait déjà remarquer sur plusieurs de ses sculptures grandes ou petites, des petits points rouges de réservation. Cama, est une artiste qui plait comme un coin d'ombre l'été, comme un soleil en hiver.
Entre deux expos
Lorsque l'on découvre la nouvelle Cama, dans son atelier chaque année à la même époque. Evidemment, on voit la sculptrice rayonnante, heureuse de se mettre en scène dans son atelier, et de présenter ses nouvelles créations toutes plus enjouées, elles aussi, les unes que les autres. Et c'est ce qui est beau, car entre deux expos, le doute chez Cama est récurrent. Le doute qui l'angoisse, qui la stresse, qui l'arrête parfois dans sa quête créatrice… " Heureusement, dans ces moments là, Robert mon mari, est là et a toujours été là non seulement pour me soutenir moralement mais aussi dans la vie quotidienne. D'ailleurs sans lui, je n'aurai pas pu continuer…car je n'aurai pas pu vivre de mes sculptures. C'est vrai que Robert est discret et qu'il ne fait jamais parler de lui, mais il est là et bien là. D'ailleurs ma signature, Cama, c'est le raccourci de son nom Camarero. C'est ma façon à moi, détournée, de lui rendre hommage à chacune de mes expositions ici, à Bruxelles ou ailleurs. "
On l'aura compris, l'œuvre de Cama -sa vie donc- n'est pas un long fleuve tranquille. Pétries de doute et de coups de génie, ses sculptures d'êtres fins et dressés tour à tour en couple ou en solitaire s'offrent comme des histoires à écrire. Entre deux envies d'être douce et à la fois rebelle, ses créations interpellent et donnent envie de toucher. Peut-être pour mieux en comprendre l'existence ici, ou " Ailleurs et Plus tard " comme elle a intitulée son exposition 2008.
Une vingtaine de nouvelles œuvres sont visibles à l'Atelier 92, jusqu'au 21 décembre, tous les vendredis, samedis et dimanches de 15 heures à 19 h 30 au 92 rue Pierre Le-roux à Montluçon, ne manquez donc pas de venir en chair et en os voir ses œuvres ou alors virtuellement sur son site camasculpture.com
Tel: 04 70 29 52 82 ou 06 86 41 01 47
Atelier 92. Cama Sculptures
christine depeige
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