Les gestuelles de Michel Fouré.
LES lieux de prédilection pour présenter l’art moderne, contemporain et abstrait ne se limitent plus à de simples galeries aux murs blancs et à l’atmosphère presque froide des grandes pièces opaques. L’art s’inspire des expériences vécues et s’immisce donc dans le quotidien. Boutiques, cafés, cybercafés…, l’usage veut que désormais, on admire le talent des artistes entre deux « chats » et un bon thé à la menthe.
Cynthia et Fanny, étudiantes en BTS communication à Presles, ont jeté leur dévolu sur le cybercafé « Echap », rue Source de l’Hôpital à Vichy, pour présenter les œuvres de Michel Fouré. Installées dans un salon dépareillé, entre les ordinateurs, les toiles surgissent, un brin agressives, et éclaboussent le regard des spectateurs.
L’artiste clermontois, la soixantaine passée, entame sa seconde vie, perdue lorsqu’il avait vingt ans. Sa carrière de technicien chauffagiste l’ayant traîné loin des sentiers artistiques, il attendit la retraite pour reprendre les pinceaux.
De paysages éphémères aux esquisses à l’encre de Chine, Michel Fouré a plongé dans l’art abstrait et gestuelle. « J’ai commencé avec l’art figuratif, dessiné quelques portraits en utilisant la plume et l’encre. Puis, progressivement, j’insérais de la couleur. »
Résultat, des explosions de joies colorées, rythmées de teintes, et mises en valeur par les reliefs offerts par la peinture à l’huile et l’acrylique. L’artiste, autodidacte, taquine la palette à l’instinct, une musique jazzy en fond sonore. « Je peins en fonction de mon inspiration. Je ne peux pas expliquer ce à quoi je pense lorsque je construis une toile. Je ne cherche pas non plus à analyser la peinture, ce n’est pas mon travail, moi, je crée quelque chose qui, je l’espère, est agréable à regarder ».
L’imagination sans limite, Michel Fouré apporte un plus à la vie artistique. Une émulsion de rouges, jaunes, bleus, appliquée violemment sur la toile. Un rendu mélodieux qui oscille entre perplexité et sensibilité. Inspiré de Mathieu et Miotte, l’artiste leur a préféré les couleurs chaudes, vives et orgueilleuses.
Exposé jusqu’au 1er juin, une visite s’impose avant que ses toiles ne reprennent la route du Puy de Dôme.