L'art témoignage à La Résidence de Dompierre
" CETTE exposition veut montrer que l'art n'est pas coupé du monde, qu'il n'existe pas seulement pour faire joli mais pour léguer un témoignage sur les évène-ments. " débute Jean-Charles Vergne, directeur du Fonds Régional d'Art Contemporain, pour parler de la cinquième exposition que le FRAC organise à la Résidence de Dompierre-sur-Besbre. Le thème est peu commun et fait cohabiter deux termes qui semblent antagonistes : l'art et la violence. A travers le travail de six contemporains, l'exposition " Même pas mort " montre comment la violence est perçue et figurée dans le monde artistique.
Autour des vidéos, photos, dessins et installations de Darren Almond, Eric Baude-laire, Marc Bauer, Marc Geneix, Paul Graham et Paolo Grassino, tous reconnus sur le plan international, le public reçoit, comme un coup de poing, différentes facettes de violence. Du captivant et angoissant " Analgesia 900 " de Paolo Grassino qui plonge le spectateur dans un univers fantastique entre Cerbères et vestiges d'émeutes urbaines, aux vidéos du clermontois Marc Geneix, établissant un parallèle entre jeux d'enfants et cruauté du monde.
Si au premier regard, la photographie d'Eric Baudelaire n'est qu'un étalage de vio-lence sans masque, cette image fait surtout la critique de ces photographies prises au cœur des guerres. " Il a présenté cette photo lors du festival de photo-journalisme Visa pour l'Image à Perpignan. Il a ensuite révélé que tout n'était qu'un montage mis en place dans un décor et non en Irak comme on aurait pu le croire. Les photo-reporters ont été scandalisés, criant que l'on dénigrait le travail qu'ils font sur le terrain. Pour Baudelaire, cette photo est une réflexion sur la possibilité que la plupart des images soient corrigées et modifiées. Surtout en temps de guerre. Depuis le Vietnam, toutes les armées contrôlent les images. ", détaille le directeur du FRAC, qui a acquis cette photographie il y a deux ans. Violence des images, violence de l'imaginaire, violence des paysages, violence de l'indicible, l'exposition " Même pas mort " est un véritable manifeste de l'engagement. A découvrir jusqu'au 18 janvier, les mercredis, samedis et dimanches de 15 heures à 19 heures et sur rendez-vous. Contact : 04.70.34.50.72.
C. R.
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