Plutôt chaud le plan rail !
LES négociations ont d'abouti entre l'Etat, le Conseil régional et Réseau ferré de France, pour le plan rail Auvergne. Le préfet de région, Dominique Schmitt et René Souchon, président de la Région, viennent de rendre public l'accord.
Résultat de deux mois de négociations, il atteint un montant de 213 millions d'euros, cofinancés à hauteur de 60 millions d'euros par chacun des trois partenaires. L'objectif est accélérer la remise à niveau du réseau ferroviaire en Auvergne. La ligne du Céve-nol, dans sa section Langeac- Langogne, va bénéficier de cette enveloppe, ainsi que l'ensemble des lignes de TER- Trains express régionaux. A noter aussi, un financement exclusif de l'Etat permettra des interventions sur les lignes de fret Volvic/ Le-Mont-Dore, et Neussargues/ Saint-Chély-d'Apcher.
RFF s'engage en outre sur un programme supplémentaire de 33 millions d'euros. Il concerne la ligne Lyon-Bordeaux, dans sa traversée de l'Allier, entre Gannat, Saint-Germain-des-Fossés et Montluçon. Egalement, la Région a obtenu une diminution de 200.000 euros du montant des péages à verser à RFF, pour chaque passage d'un TER dans une gare.
Le plan rail intervient en complément de chantiers ferroviaires inscrits dans le contrat de projets Etat-Région, d'un montant de 196,5 millions d'euros pour la période 2007-2013. Au total, 409,5 millions d'euros vont être investis au profit du réseau ferré auvergnat, qui cumule à lui seul 10% des ralentissements nationaux.
Le Conseil régional a approuvé cet accord lors de la session du 16 décembre. Il en va de même pour l'Etat et Réseau ferré de France. La signature officielle interviendra en début d'année. Fin janvier, le préfet de région annoncera un plan de travaux routiers, avec " d'assez bonnes surprises ".
A l'arraché !
L'ambiance à la conférence de presse était des plus cordiales entre le préfet Domi-nique Schmitt, et René Souchon, jusqu'à ce que ce dernier précise que le plan rail " a été arraché à l'Etat " : " Voilà un an demi que je réclame ce plan, qui a heureusement évolué. Pour aboutir, il a fallu de la pugnacité, et de la détermination pour l'arracher à l'Etat "..
Un mot inapproprié pour le préfet : " je ne peux vous laisser dire que ce plan a été arraché à l'Etat par la contrainte. C'est un plan que l'Etat avait déjà proposé, et une belle victoire partagée ". " je ne veux pas polémiquer, mais reconnaissez-vous la pression de la Région ? ", " Ne me mettez pas mal à l'aise, je ne peux pas vous laisser dire cela ", " Et moi, je ne peux pas vous laisser dire l'inverse ", " Quand il y a un an, j'ai demandé une diminution du péage versé à RFF, vous m'avez expliqué que ce n'était pas possible. Aujourd'hui la réduction est de 200.000 euros ", " Lorsque vous avez annoncé votre ultimatum, vous saviez pertinemment que mon mandat de négociation serait fixé un mois plus tard, et je ne peux vous laisser dire que cet accord est arra-ché "… Le dialogue entre les deux hommes s'est poursuivi à l'aigre-doux, sous le regard incrédule des médias, et des fonctionnaires présents.
Finalement, sans avoir jamais haussé le ton, les deux se sont engouffrés dans le même échappatoire, sans perdre la face à aucun moment. Gagnant-gagnant, comme le plan rail !
J-J.A.
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