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  PUY-DE-DOME HAUTE-VIENNE ALLIER
Edition du 12 / 02 / 2012
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» Article paru le : 05/01/2009
» Sur les éditions : Allier
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Portraits Clermont-Ferrand, capitale lozérienne


Historiquement, le sud de la Lozère est tourné vers Montpellier. Le nord du département, lui, ne jure que par l'Auvergne, dont il partage la culture et les traditions. Sans doute est-ce la raison pour laquelle Clermont et son agglomération attirent autant de " 48 ". Une forte présence qui n'empêche pas ces expatriés de cultiver leur identité.


Justin Granier : dans le Puy-de-Dôme depuis 1984


Le rituel est immuable. Tous les week-ends, Marie-Thérèse et Justin Granier quittent Clermont-Ferrand pour rejoindre Saint-Chély-d'Apcher. C'est dans cette bourgade, si-tuée en bordure d'A75, que les propriétaires du Top Bar possèdent leur résidence se-condaire depuis 2001 : " Nous nous y installerons certainement quand nous serons à la retraite ", envisagent ces futurs Barabans.
Pourquoi la Lozère ? Question de racines, tout simplement. Retrouver sa famille et renouer avec les souvenirs d'enfance n'a pas de prix, surtout après toutes ces années passées loin de chez soi. Lui est de Chantegrenouille - " Vous pouvez l'écrire, c'est un très joli nom ", elle de Fenestres, sur la commune de Thermes. Après son école d'agriculture, Justin décide de monter à Paris. C'était en 1974 : " En Lozère, c'était im-possible de s'installer comme agriculteur. L'Etat m'a même donné 8.000 francs pour que je fasse autre chose… Alors j'ai rejoint mes frères et sœurs dans la capitale. J'ai commencé par être facteur, avant de devenir garçon de café. "
C'est dans un bal qu'il rencontre sa future femme, elle aussi venue pour trouver du boulot : " On a passé du bon temps pendant quatre ans. On était jeunes, on avait de l'argent… Aujourd'hui, les temps sont plus durs ", estiment-ils, non sans un certain pincement au cœur. Le couple est revenu en Lozère en 1978 pour acheter une affaire, avant d'atterrir dans le Puy-de-Dôme : " C'était plus le hasard qu'un véritable choix. Nous avons repris le Café de la place au Cendre, puis en 1984, l'Entracte, rue Anatole France ", détaille Justin. Le Top Bar est leur fief depuis 1990 : " On finira notre vie pro-fessionnelle rue Ballainvilliers ", assure le couple. Mais c'est au cœur de la Margeride que s'écrira une nouvelle page de leur histoire…


Marc Poulhaon : la place Gaillard à l'heure du 48


Chaque ville a son café du Commerce. Celui de Marc Poulhaon se distingue pour-tant de tous les autres : au-dessus de la devanture, un gros écusson de la Lozère affiche les origines languedociennes de son heureux propriétaire. Languedociennes ? " Je ne suis pas d'accord. La Lozère, c'est l'Auvergne. Je suis moi-même un Auvergnat ! " assure notre solide expatrié clermontois.
Le responsable du café de la place Gaillard se souvient très bien de son " débar-quement " à Clermont-Ferrand, en 1988. Il a d'ailleurs une anecdote à ce sujet : " J'ai trouvé que la Lozère était en avance sur les mentalités. Par exemple, certains confrères s'étonnaient que je fasse le service, que je laisse les clés à mes employés… Ils ne donnaient pas cher de mon avenir. Mais 20 ans plus tard, je suis encore là ! " plaisante ce commerçant agacé que certains ne sachent pas encore situer sa terre de souche.
Marc Poulhaon a choisi d'acheter un café pour voler de ses propres ailes : " Ma sœur était dans ce milieu, certains de mes oncles aussi. En plus à l'époque, je me suis retrouvé tout seul, pour des raisons personnelles. Avoir un bar était une façon d'être bien entouré ", dit-il. Quand il découvre l'annonce dans La Montagne, il saute sur l'occasion. Un peu tête baissée, avoue-t-il aujourd'hui : " Le dossier bancaire était légèrement scabreux mais c'est passé ! "
Pendant longtemps, Clermont-Ferrand était pour lui synonyme de travail. Sa vraie vie, en effet, était ailleurs. Plus précisément à Malbouzon, un petit hameau de moins de 200 âmes, où il est né : " L'Aubrac n'est plus très loin avec l'autoroute, mais j'évite d'y aller l'hiver. La maison familiale est un endroit où l'on aime se retrouver ". A 60 ans, Marc Poulhaon ne fréquente plus trop l'amicale des Lozériens de Clermont : " C'est bien quand on est loin de chez soi. Mais maintenant, il ne faut qu'une grosse heure pour rejoindre Saint-Chély-d'Apcher… " Sa femme, Clermontoise de naissance, a semble-t-il adopté la Lozère. Le blason identitaire du Commerce a donc encore de beaux jours devant lui…

Jean Rieutort : un passionné de géographie


Un Rieutort peut-il ne pas être de Lozère ? Les villages, là-bas, portent ce nom. Il existe Rieutort d'Aubrac, Rieutort de Randon ou Rieutortet. Jean, notre Clermontois, est né à Mende en 1936. Sa mère était femme au foyer, son père technicien aux " PTT ". Un job qui a permis au fiston de découvrir le département de long en large : " Il m'amenait dans sa voiture quand il entretenait le réseau. J'en garde de très bons souvenirs. C'était l'occasion de découvrir des endroits magnifiques, comme les gorges du Tarn… "
Sans doute inconsciemment, Jean a pris la relève, exerçant le même travail que son père. Sauf qu'il n'a pas travaillé en Lozère. En 1950, il s'expatrie au Puy-en-Velay pour suivre une formation d'électromécanicien. Il décroche son sésame aux PTT en 1955, avant de se diriger vers Paris, pour se spécialiser. Puis direction les Vosges, pour le boulot cette fois : " Cette région me rappelait ma Lozère… Ce n'était pas désagréable. D'ailleurs, quand je suis arrivé, il faisait -28°c contre - 26°c chez moi, à Langogne ! " plaisante-t-il entouré de ses petits-enfants. Il est affecté en Auvergne après son service militaire : " Parce qu'il n'y avait pas de place à Montpellier, tout simplement. "
Cinquante années se sont écoulées depuis son arrivée chez les Bougnats. Sans surprise, Jean Rieutort reste encore profondément amoureux de " sa " Lozère, dont il connaît 190 des 198 communes. Dans son bureau, des dizaines d'ouvrages, d'articles de presse, de témoignages. Il y a même l'annuaire téléphonique. Apparemment, son fils, prof de géographie à la fac, a lui aussi attrapé le virus : " Il passe toutes ses va-cances là-bas. Nous avons fait construire une maison à 10 km de Mende dans les an-nées 1980 ". Pour entretenir ses racines, notre retraité des PTT s'est inscrit à l'amicale des Lozériens de Clermont-Ferrand, dont il est le vice-président. Rien d'étonnant à ce qu'il fasse inscrire " 48 " sur sa prochaine plaque minéralogique…


Emmanuel THEROND


Le département le plus…
Avec 78.000 habitants, la Lozère est le département français le moins peuplé. Sa densité de population (environ 14,5 habitants au km carré) est également la plus faible de France. Autre record du 48 : c'est le département qui possède l'altitude moyenne la plus haute, autour de 1000 mètres. En outre, Mende est le plus petit chef-lieu de département français. Pour terminer sur une note positive, il faut savoir que la Lozère - et c'est tout à son honneur - possède le taux de chômage le plus bas de l'Hexagone : 4,6 % seulement. Et la population augmente depuis quelques années… Le bonheur serait-il dans le pré ? En tout cas, il n'est qu'à une grosse heure de Clermont-Ferrand par l'autoroute…
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