Le CREPS de Vichy menacé
LE sport auvergnat retient son souffle. Le glas aura peut-être sonné dans deux mois, pour le Centre Régional d'Education Populaire et de Sport de Vichy. Président du Comité Régional Olympique et Sportif, Yves Leycuras avoue son incompréhension face à cette hypothèse qui mettrait un terme, selon lui, à " une des plus grandes plates-formes sportives de France, ainsi qu'à un outil de cohésion sociale ". Pointée du doigt, la Révision Générale des Politiques Publiques voulue par Bernard Laporte, qui entraîne un recentrage de la politique nationale sportive… et du même coup, la suppression de nombreux CREPS français. Yves Leycuras dit redouter " qu'avec la possible fermeture des CREPS de Poitiers, Voiron et Limoges, celle de Vichy ne crée définitivement une " médiane " du vide dans le Massif Central, tout comme il existe déjà une " diagonale " du vide ".
Une décision d'autant plus incompréhensible pour le CROS que le centre vi-chyssois avait passé une première étape avec succès, en juillet dernier. Mais curieusement, aucun rapport n'a été publié depuis lors… " Si le CREPS disparaît, ce sont les employés qui en pâtiront (le centre compte 65 salariés et 200 prestataires extérieurs, ndlr). Sans parler des conséquences pour le sport auvergnat dans sa globalité, qui compte 300 000 licenciés. " Autres répercussions ? La fin des formations, des stages de perfectionnement et des cinq pôles Espoir, permettant l'accès au haut niveau. L'affaiblissement des hébergements d'équipements sportifs est également préoccupant pour le CROS. " On gaspille l'argent du contribuable " déplore son président. "Nous venions tout juste d'inaugurer une nouvelle piscine et un stade de basket. La modernisation du CREPS a coûté 7,5 millions d'euros, et tous les travaux ne sont pas encore achevés ". (Sachant qu'ils devraient l'être pour février 2010, soit six mois avant l'hypothétique fermeture du CREPS…)
Malgré ces atouts et l'appui de nombreuses personnalités politiques auvergnates, les membres du CROS restent soucieux quant à la prochaine concertation menée en mars par le préfet et les collectivités territoriales. " Pour nous, ce délai est plus un leurre qu'une raison d'espérer ", reconnaissent-ils. Verdict dans huit semaines…
Aude HILY
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