Alain Couraud un écrivain qui ne se la coule pas douce !
INFO-MAGAZINE : Alain Couraud, vous que d'aucuns nomment l'homme aux cent vies, pourquoi et comment vous est venue l'envie d'écrire, une passion qui semble être née sur le tard ?
Alain Couraud : L'homme aux cent vies, n'exagérons rien ! J'ai toujours eu un insa-tiable appétit de la découverte, c'est vrai, mais n'ai rien fait d'autre que chercher à vivre mes rêves et non rêver ma vie. Quant à mon goût de l'écriture, il m'est venu à la pré adolescence : à onze ans, j'écrivais des poèmes que l'instituteur lisait devant les autres élèves, une mise-en-avant parfois délicate à assumer quand sonnait l'heure de la récré ! Et également une initiation à la reconnaissance d'une certaine aptitude à capter l'attention encore, au grand dam de la modestie ! Pourquoi j'écris ? Pour vider ma citerne à souvenirs, de peur qu'elle ne déborde, et pour offrir à mon imaginaire un espace où il puisse s'ébattre en toute liberté.
I : Dans La Coulée Douce, votre troisième roman, édité aux Editions de Rouffignac, vous goûtez pour ne pas dire jouez avec l'auto fiction, pourquoi ce choix littéraire ?
A.C : Parce qu'un événement réel m'en a donné l'envie. Je n'ai pas supporté qu'un sale type puisse autrefois harceler ma compagne en toute impunité, et lui ai donc réglé son compte par le biais de l'écriture ! Heureusement pour moi que la police l'a finale-ment arrêté, sinon, le contenu de mon bouquin associé à l'éventuelle disparition de ce violeur multi-récidiviste auraient pu me jeter en prison !
I : Vous avez réservé une partie de vos droits d'auteur à la Ligue contre le cancer, pourquoi vous êtes-vous impliqué dans cette noble cause ?
AC : Parce que le Centre Régional de la Lutte contre le Cancer René Gauducheau à Saint-Herblain, Loire-Atlantique, m'a guéri d'un cancer de la thyroïde en juillet der-nier, et que ma reconnaissance m'a ensuite poussé à l'aider de la seule façon qui me semblait envisageable : vendre mes deux premiers romans au profit de sa fondation. J'ai eu la chance d'être aussitôt soutenu par l'enseigne d'un grand super-marché, ce qui m'a fait bénéficier de son fort trafic. A ce jour, 180 romans ont trouvé acquéreurs, et comme l'opération se poursuit jusqu'en mars, cela laisse augurer d'une somme relativement rondelette. Certes, insuffisante vu le prix d'un scanner, mais les océans étant faits de gouttes d'eau, rien que d'y penser suffit à m'encourager.
I : Vous parcourez les régions de France avec avidité et vous paraissez -contrairement à beaucoup d'auteurs- adorer les séances de dédicaces. Que vous ap-portent-elles ?
A.C : Ces séances m'apportent énormément. En tout premier lieu, elles me font ren-contrer de nombreuses personnes d'origines et de milieux différents toutes attachées à la lecture, ce que je trouve plutôt réconfortant mais également une multitude de gens touchés de prés ou de loin par la maladie et qui, par curiosité ou simple élan de sympa-thie, souhaitent connaître l'origine ou le but de ma démarche. Imaginez ces regards, ces sourires d'adultes ou d'enfants, ces chaleureuses poignées de mains! Comment voulez-vous que je ne puisse pas être conquis ?
I : Vous avez ouvert un blog, http://blog.topolivres.com/rouffignac c'est d'ailleurs comme cela que j'ai pu découvrir votre ouvrage. Comme quoi, Internet peut ouvrir des portes hors des sentiers battus et de ces chemins de croix littéraires qui bien souvent ne mènent nulle part. Non ?
A.C : Et comment ! Ce creuset ouvert à l'extrême offre toute possibilité de découvrir, de contacter et de s'exprimer 24 heures sur 24, ce qui n'est le cas d'aucun autre média. Cependant, le faire perdurer demande beaucoup de temps, d'assiduité et d'abnégation ; des nerfs solides, également, car son inertie peut parfois faire souffrir, et la force de son magnétisme, très vite insidieusement nourrir un douloureux état d'assuétude.
I : Si vous aviez une chose à dire sur votre livre ou sur ce qu'il vous a procuré et sans doute sur ce qu'il vous procure encore, quelle serait-elle ?
A.C : En fait, j'ai pris un immense plaisir à l'écrire car il m'a fallu pour cela me défier, me mettre dans la peau d'un exterminateur vide de tout état d'âme, chose peu aisée pour un père de famille peu initié ! Ce que la Coulée Douce me procure encore au-jourd'hui ? Un tout aussi grand plaisir à en parler au fil du temps, peut-être parce que cela me fait confronter à certaines inclinaisons plus ou moins larvées, ce qui me permet alors de mesurer la constance de ma Raison ! (rire).
Propos recueillis par
christine depeige
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