Jean Anglade au pays des couteaux
L'AUVERGNE, muse inconditionnelle, théâtre d'histoires sans fin, renaît sans cesse différemment sous la plume de Jean Anglade. Amoureux de sa terre, l'auteur prolifique offre un énième voyage au pays des couteaux, dans la province Thiernoise de son enfance. Après " Les Ventres jaunes " et " La Bonne Rosée ", la saga des couteliers de son pays s'achève sur " Permissions de Mai ", aux éditions Presse de la Cité.
Des années 1940 à la fin des années 1960, l'auteur raconte les aventures de la fa-mille Pitelet et de sa descendance, à travers le savoir-faire des couteliers. Un métier dur et viril qui fait la renommée de l'Auvergne dans le monde entier. Mais le temps passe, la modernité fait son apparition, la guerre change la donne et l'artisanat thiernois ne fait plus référence.
Jean Anglade tisse un ouvrage remarquable, aux couplets et refrains d'autrefois. Les berceuses Montdoriennes glissent sur les lignes, on hume les parfums des prairies, l'odeur des cochonnailles et des produits du terroir. Entre saveurs et traditions, la famille Pitelet guide le lecteur dans la vie quotidienne d'avant et d'après guerre. L'humour réside secrètement derrière chaque phrase, même lorsque la guerre fait rage. Puis l'occupation, la révolution sociale, la révolution industrielle.
Les saisons se bousculent au rythme des mariages, des déceptions, des naissances et de l'affilage d'un savoir-faire qui tend à disparaître. Ce livre de souvenirs, entre nostalgie et témoignage d'un temps révolu se parcourt inlassablement.
Une fois de plus, Jean Anglade fait honneur à l'Auvergne, fidèle à sa muse qui l'accompagne sur les sentiers de la littérature " réaliste ".
|