Roger Finat : " Une année d'observation "
Nouvellement promu président de la foire-exposition de Moulins, Roger Finat évoque ses ambitions pour cet événement qu'il connaît sur le bout des doigts après quarante ans passés de l'autre côté de la barrière, du côté des exposants.
Info : Quelles sont vos impressions après votre nomination à la fonction de président de Moulins Foirexpo ?
Roger Finat : A vrai dire, j'ai été surpris par cette nomination. Je n'avais jamais pensé devenir président de la foire de Moulins, mais lorsque l'ancien président - Marcel De-vaux - m'a contacté, j'ai accepté. C'est très intéressant car il y a Moulins Foirexpo mais il y a aussi tout le reste. Je salue le travail que mon prédécesseur a fait mais je souhai-terai dynamiser cette foire. L'arrivée d'un nouveau bureau et d'un nouveau conseil d'administration sont synonymes d'idées nouvelles, qui pourront donner une nouveau dynamisme à la foire. Pour avoir été maire pendant trente ans, je sais qu'au bout d'un moment même si on a des idées, les choses finissent par ronronner un peu.
I. : Comment comptez-vous aborder cette première année de présidence ?
R. F. : Je vais observer, prendre des contacts avec les exposants pour voir ce que nous pouvons améliorer, tout en respectant nos contraintes budgétaires. Il ne faut pas non plus oublier les visiteurs. C'est bien beau de faire des milliers d'entrées, mais il faut également que les visiteurs achètent. Je vais également me rendre dans les autres foires de la région pour voir ce qui se fait ailleurs et m'inspirer des bonnes idées qui existent.
I. : Quels sont vos projets à plus long terme ?
R. F. : Tout cela va dépendre du bâtiment, et donc de la communauté d'agglomération. De plus, la délégation de service public va arriver à son terme, nous ne savons pas si nous serons renouvelés dans nos fonctions. C'est bien d'organiser des évènements mais nous avons un problème de surface, car un des bâtiment est vétuste et nous ne pouvons pas l'utiliser. Des salons ne se font pas à cause du problème de place. Nous pourrions essayer de faire des foires à thème mais cela impliquerait de créer des animations, or nous n'avons pas de place pour mettre plus de stands. C'est délicat car tout cela aurait un coût supplémentaire.
I. : On parle beaucoup de la crise et de la baisse du pouvoir d'achat. Pensez-vous que cela aura des conséquences négatives sur cette édition de la foire ?
R. F. : Nous sommes toujours inquiets concernant cette crise. Pourtant, la fédération des foires et salons de France, à laquelle nous adhérons, vient de nous annoncer que pour le dernier semestre 2008, l'activité des foires a augmenté de 8,2%. Cela prouve que les gens trouvent un intérêt dans ces manifestations. Le premier semestre 2009 sera peut-être moins bien, nous verrons. Le but étant que les exposants puissent ga-gner de l'argent.
I. : En tant que commerçant vous avez participé à la foire pendant plus de quarante ans, quels souvenirs en gardez-vous ?
R. F. : Que des bons souvenirs. Je me souviens par exemple de clients, qui ne payaient pas de mine, ils nous ont demandé des devis. Nous en étions à 100000 francs, j'ai vu qu'ilS étaient embêtés. Je leur ai dit que nous pouvions faire moins cher. Ils m'ont répondu qu'en fait ils avaient un chèque de 140000 francs de l'assurance à dépenser, car ils avaient perdu tous leurs meubles dans un incendie. Ca a été notre plus grosse vente. Pour nous, la foire représente entre trois et six mois de travail après, entre les clients qui nous ont donné leurs coordonnées et ceux qui sont intéressés par quelque chose mais n'ont pas pris contact et viennent après au magasin.
I. Quel est l'intérêt pour un commerçant moulinois qui a un magasin, de participer à une foire dans sa ville ?
R. F. : On peut effectivement se poser la question car participer à la foire coûte cher à un exposant. Mais la foire est une véritable vitrine qui permet de toucher des gens qui ne viendraient pas au magasin. Soit parce qu'ils ne le connaissent pas, soit parce qu'ils n'habitent pas Moulins. Quelqu'un qui habite Decize ou Bourbon-Lancy va plus facilement aller à Nevers, pour faire de gros achats, parce que c'est plus proche de chez eux. Pour l'instant, et nous participons depuis 48 ans à la foire, cela a toujours été positif pour nous.
Entretien : Cindy ROUDIER
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