La carrière de la discorde

Des habitants de Saint-Jean-en-Val ont manifesté, il y a quelques jours, devant la sous-préfecture d'Issoire. |
UNE vingtaine de personnes, essentiellement des habitants et des élus de Saint-Jean-en-Val ont manifesté, la semaine dernière, devant la sous-préfecture d'Issoire, pour s'opposer à l'ouverture d'une carrière sur leur commune. Elle constituerait une menace pour leur cadre de vie, porterait atteinte à l'environnement, et condamnerait l'écrevisse à pieds blancs, qui coule des jours heureux dans les rivières avoisinantes. Le crustacé a d'ailleurs donné son nom à l'association montée pour faire capoter un projet jugé " inutile. " Soulignons qu'elle est soutenue par le Parc naturel régional Li-vradois-Forez, la FDEN (Fédération départementale de l'environnement et de la nature) ou la Fédération départementale de pêche. Le Conseil général du Puy-de-Dôme s'inquiéterait, lui aussi, des dommages que pourrait causer le passage des poids lourds sur une petite route départementale…
Malgré ces désaccords, la DRIRE (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) et la Préfecture ont donné leur feu vert à l'entreprise Laroche - Bétons de Parentignat pour exploiter le site. Une décision que ne comprennent pas les réfractaires au projet : " L'Etat instaure une nouvelle loi pour le principe de précaution environnementale, signe une nouvelle charte paysagère et d'orientation avec le parc Livradois-Forez, prône la protection absolue des espèces protégées et le développe-ment durable…mais son représentant direct n'a cure de cela ! " s'insurgent-ils, une pétition à la main. " Ceux qui jugent que cette autorisation est scandaleuse ne laisse-ront pas sans suite cet abus de pouvoir ! Le recours au tribunal administratif est envisagé par plusieurs organismes ", prévient l'association.
" Dans les cartons depuis 6 ans "
Alexandre Laroche, qui a pris la succession de son père dans la société, considère comme " légitimes " les craintes soulevées. Il admet que personne ne souhaite avoir une carrière à côté de chez soi. Toutefois, le jeune homme défend mordicus ce projet qui est dans les cartons depuis… six ans : " Nous n'avons pas demandé à avoir une grosse exploitation : 30.000 tonnes par an maximum, ce qui est peu par rapport à d'autres carriers. Au départ, nous sommes négociants en matériaux. Pour nous appro-visionner, nous parcourons environ 500 km par jour. Cette carrière, à une douzaine de kilomètres de l'entreprise, nous permettrait d'être indépendant, de moins rouler, donc de moins polluer " estime-t-il. Il ajoute que cette nouvelle activité permettrait à son en-treprise d'atténuer les hausses de prix des matériaux, et de faire travailler le personnel pendant les périodes creuses. Quant à savoir ce que pensent les écrevisses à pieds blancs…
Emmanuel THEROND
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