Guide Rouge Le département perd une étoile
EN 1900, moins de 3.000 automobilistes roulaient sur les routes de France. Les frères Michelin, qui ont senti l'ampleur du phénomène, décidèrent de leur remettre (gratuitement) un petit mémento pratique pour faciliter leur voyage. Changer une roue, entretenir son véhicule… Le premier Guide Rouge est un pense-bête mécanique de 400 pages. Les adresses gourmandes ne font leur apparition qu'en 1920. Parallèlement, le guide devient payant. La raison est anecdotique : André Michelin, en visite chez un distributeur, s'aperçoit que l'ouvrage lui sert à… caler un établi ! Très remonté, il prend la décision de ne plus offrir le petit bouquin. Car " l'homme ne respecte vraiment que ce qu'il paye... "
Dans la préface de la première édition, André Michelin prédit que son bébé de papier survivra au siècle. Il a vu juste, si on excepte l'absence de parution pendant les deux guerres mondiales et… en 1921. Michelin se consacrait alors aux guides " champ de bataille ", en mémoire des soldats français de la " der des der ". En 2009, le Guide fait donc son retour dans les librairies. Particularité : il s'agit de la centième édition avec, comme chaque année, son lot de bonnes et de mauvaises surprises. La première : soixante-trois nouvelles premières étoiles ont été décernées sur le plan national. Un record... Ensuite, un nouveau trois étoiles a fait son apparition, à savoir Le Bristol à Paris. Enfin, le nombre de Bib Gourmand est quasiment identique à celui des restaurants étoilés : une sélection de très bons restaurants aux tarifs contenus, que le grand public appréciera à sa juste valeur.
Le Château de Maulmont, à Saint-Priest-Bramefant
Qu'en est-il dans le Puy-de-Dôme ? En fait, peu de changements à signaler. Malheureusement, toujours pas de trois étoiles, ni de deux étoiles. Pour déguster l'excellence dans la région, il faut se rendre dans la Haute-Loire, à Saint-Bonnet-le-Froid, chez les frères Marcon. Emmanuel Hodencq et Jean-Claude Claude Leclerc, les excellents voisins clermontois, conservent quant à eux une étoile amplement méritée, tout comme le château de Codignat, du côté de Lezoux. Reste à savoir si le nouveau chef, qui vient d'arriver, sera à la hauteur de l'étoile qui, a priori, a été décernée… à son prédécesseur. Dans les mauvaises nouvelles, soulignons la suppression de l'étoile du Château de Maulmont, à Saint-Priest-Bramefant.
Peut-être la " Fleur de Sel ", situé à Clermont-Ferrand, rééquilibrera-t-il le compteur l'année prochaine ? Cette belle maison maintient en effet sa place dans la catégorie " Espoir ", accordée à seulement 14 restaurants français. Patrice Eschalier, respon-sable, s'en réjouit : " Rien ne change pour nous, mais je suis très content. En tout cas, on va continuer de travailler comme avant. Vous savez, avec le Guide Rouge, on ne sait jamais vraiment pourquoi on est étoilé ou pourquoi on ne l'est pas ", rappelle-t-il. Parmi les autres récompensés, signalons les neuf Bib Gourmand puydômois. Il s'agit des même que l'an dernier, dont " Les Copains " à Ambert, " L'Amphitryon Capucine " à Clermont-Ferrand ou " L'auberge de la Baraque " à Orcines, pour n'en citer que trois.
Au final, le Puy-de-Dôme demeure assez peu représenté dans le nouveau Guide Rouge. Tant pis pour l'image… On se consolera en rappelant qu'il existe - et c'est tant mieux - de très bonnes tables " oubliées " par le Michelin, qui heureusement, n'aura jamais le monopole du bon goût.
Emmanuel THEROND
En chiffres
8499 établissements
2000 pages
548 étoilés
26 trois étoiles
517 Bib Gourmands dont 86 nouveaux
90 inspecteurs
3 semaines par mois sur les routes
500 collaborateurs
24 euros (7 francs en 1920) |
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