Horodateurs La propagation continue
Attention, sujet polémique ! Le stationnement payant continue son ex-tension au sein de la couronne clermontoise. Paradoxalement, tout le monde n'est pas contre.
CE n'était sans doute pas le moment. Les Français n'ont plus un rond, et la ville de Clermont-Ferrand supprime la plupart des quelques places gratuites qu'il restait encore au sein de la première couronne. Certes, ce n'est pas une surprise. Depuis 1993, l'épidémie fait chaque année de nouvelles victimes : la fac de Lettres fut condamnée il y a une dizaine d'années. Vint ensuite le tour de la gare, de la place des Bughes, du quartier Morel-Ladeuil. Le fléau est impossible à enrayer. La preuve en chiffres : d'ici 2010, 170 nouvelles recrues viendront épauler les 340 gendarmes immobiles actuellement en fonction. Soit une augmentation de 50 % du nombre d'horodateurs !
+ 50 % en deux ans

Fut un temps où l'avenue Marx Dormoy, aux Salins, était encore gratuite.
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La contagion a déjà été annoncée dans le quartier des Salins. Sur les pare-brise des voitures, la police municipale a prévenu qu'elle allait sévir illico-presto. Vingt et un appareils jalonnent les pourtours de l'avenue Marx-Dormoy. L'ouest du secteur viendra ensuite, y compris la zone autour du stade nautique Pierre de Coubertin et de l'école des Beaux-Arts. Egalement concernée, l'avenue de la République : avant l'ouverture du Nouvel Hôpital d'Estaing, 530 places deviendront payantes sur cet axe majeur de l'agglomération. Les rues adjacentes seront également touchées, notamment autour de la cité administrative. La propagation concernera enfin le quartier Amadéo-Menat, entre Clermont-Ferrand et Chamalières. Résultat ? La ville comptera plus de 8.200 pla-ces payantes… pour un total de 10.000. En clair : la gratuité va devenir un privilège de nantis (ou d'élus, avec places de fonction…)

Alain Martinet, premier adjoint à Serge Godard, n'a pas tort quand il assure que le stationnement payant va permettre de supprimer les véhicules ventouses et de fluidifier le trafic en centre-ville. Il oublie de dire que c'est un investissement très rentable…
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Pour la municipalité, l'objectif officiel demeure répressif. Confirmation d'Alain Marti-net, premier adjoint à Serge Godard : " Faire payer le stationnement permet d'éviter la circulation de transit en centre-ville, ainsi que les véhicules ventouses, qui occupent toujours la même place ", détaille-t-il. Deuxième orientation : " Privilégier les Clermon-tois ". Certes, les résidents se stationneront plus facilement, puisque les adeptes de l'économie à tout prix iront ailleurs. Le revers de la médaille ? Même avec un tarif préfé-rentiel revu à la baisse (0,50 € par jour, contre 1,50 € en 2002), se garer ne sera pas gratuit. Mais surtout, pas pratique, puisque chaque jour, il faudra mettre sa petite pièce jaune dans la grosse machine bleue. Bien sûr, la police calmera les réfractaires à grands coups d'amendes de 11 €, voire 33 € en cas de retard.
Qu'en pensent les commerçants ? Ils sont divisés. Stanislas Renié, président de Clermont Commerce, estime que c'est " un passage obligé pour réguler le stationne-ment de surface. Dans les quartiers Delille ou la gare, les commerçants sont plutôt sa-tisfaits car des places se libèrent, observe-t-il. Toutefois, il manque un bon jalonne-ment des parkings à Clermont-Ferrand. Jamais rien n'a changé à ce sujet. Il faudrait une politique de communication plus forte. " Martine Montel, gérante d'un garage avenue Edouard-Michelin, est plus remontée contre le stationnement. Elle vient d'ailleurs de monter une association visant à le repenser dans sa totalité. Faire payer, pourquoi pas, mais différemment. Avec des garanties tarifaires, des parcs relais supplémentaires, une meilleure concertation entre élus et riverains : " Nous sommes également pour le retour du disque de stationnement ", annonce-t-elle.
Des parcs-relais peu utilisés :
1er Mai va fermer

La carte résident permet de se garer pour 0,50 € par jour. A condition de mettre son ticket… |
Troisième objectif du stationnement payant selon Alain Martinet : " Inciter les gens à prendre les transports publics, à mettre leurs véhicules dans les parcs-relais. " Il faut dire que leur taux d'occupation est faible. Henri-Dunant, en face du CHU, est essentiellement courtisé les soirs de matches. Alain Martinet estime d'ailleurs qu'il n'est pas très bien situé. Autre exemple : le parc-relais des Pistes afficherait un taux de remplissage de seulement… 20 %, malgré son excellente situation. Problème de communication ? D'habitudes de déplacement ? De conception ? Sans doute. Pour le renflouer, Clermont Communauté va donc fermer le parc-relais du 1er Mai… et installer des horodateurs avenue de la République : voilà qui devrait chasser les automobilistes hors du centre-ville. Ceux qui n'ont pas le choix continueront… de se faire racketter, même si le mot est un peu fort.
Automobiliste = vache à lait
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170 nouveaux horodateurs sont en cours d'installation…
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Car au-delà de la diminution de la pollution ou de la fluidification du trafic, l'argument numéro un pour justifier l'accroissement de la zone payante payant demeure sa rentabilité. Les horodateurs sont une manne et les automobilistes des vaches à lait. C'est simple : chaque année, 2.600.000 € rentrent dans les caisses de la ville par ce biais. Et ces nouveaux horodateurs gonfleront les recettes d'environ 960.000 € ! Résultat ? Un retour sur investissement de moins d'un an. " Ces recettes éviteront d'augmenter les impôts ", promet Alain Martinet. Réponse dans quelques mois…
Emmanuel THEROND
Photos : Valentin UTA
Les grandes étapes
1971 - Le stationnement payant remplace la zone bleue.
1985 - Les parcmètres sont remplacés par des horodateurs.
1993 - Mise en place des zones rouge, orange et verte ; tarif spécial pour les rési-dents. Depuis cette date, accroissement de la zone payante et diversification des zones tarifaires.
2002 - Remplacement de tous les appareils. Ils sont alimentés par des panneaux photovoltaïques et résistent mieux au vol.
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