Nouvelles plaques d'immatriculation Des chiffres et des lettres
Le nouveau système est loin de faire l'unanimité…
LE nouveau système d'immatriculation des véhicules (SIV) est entré en vi-gueur le 15 avril dernier. Il remplace celui existant depuis 1950, saturé et techniquement dépassé. " Ce nouveau système est plus simple, plus sûr et plus performant, précise le préfet Dominique Schmitt. Les véhicules pourront être immatriculés partout en France, directement chez un concessionnaire ou garagiste habilité. Les usagers n'auront plus à se déplacer en préfecture pour obtenir leur numéro d'immatriculation. Ils bénéficieront de nouvelles cartes grises sécurisées et infalsifiables. "
Un nouveau numéro d'immatriculation - deux lettres, trois chiffres et deux lettres, sé-parés par des tirets - sera attribué à vie pour le véhicule, de sa première mise en circu-lation jusqu'à sa destruction. Il ne sera plus lié au domicile mais attribué dans une série nationale unique valable pour toute la France, et non plus selon le département de résidence. Sur la partie droite de la plaque blanche et sur fond bleu, un identifiant territorial apparaîtra au libre choix du conducteur, surmonté du logo de la région correspondante.
" Ce système apportera au consommateur davantage de confort, explique Christian Calafat, président du Centre national des professions automobiles. Les distributeurs amèneront un service, l'immatriculation du véhicule sur le point de vente, ce qui peut être une source de profit supplémentaire. "
Depuis quelques jours, les véhicules neufs et/ou importés bénéficient de ces nou-velles immatriculations. Dès le 15 juin 2009, les véhicules d'occasion basculeront vers le nouveau système, lors d'un changement de propriétaire ou d'adresse, ou toute autre modification affectant la carte grise. La nouvelle sera adressée par voie postale sous pli sécurisé au domicile du demandeur. Mais attention ! Ce service qui n'est pas gratuit : depuis le 1er janvier 2009, une taxe " de frais de gestion " de 4 € est à rajouter à toute demande d'émission d'une nouvelle carte grise. Les taxes régionales dues restent celles de la région du domicile.
Les avis sont partagés
Pour Michelle, professeur de 45 ans, le changement du système d'immatriculation " comporte un point positif, l'aspect financier. J'ai cru comprendre que les propriétaires de véhicules allaient payer un peu plus cher mais une bonne fois pour toutes puisque la plaque est gardée à vie. Cependant je ne vois pas l'intérêt de la liberté de choix du département. Cela n'a pas de sens. En jouant le jeu, mon intention serait de mettre le département 63 mais aussi la région Rhône-Alpes. Mais là, je n'ai pas le droit : ce n'est pas une liberté totale. Le département de cœur ne signifie rien du point de vue administratif. Globalement, ce changement de système n'est pas quelque chose de déterminant : cela ne va pas transformer nos vies… "
Un avis partagé par d'autres automobilistes, comme Paolo, maçon de 29 ans : " Je trouve cela inutile. Pourquoi changer quelque chose qui fonctionnait déjà bien ? Qu'est ce que cela va apporter ? Nous sommes assez mal informés sur ce sujet. Par ailleurs, comme la plaque est gardée à vie, si un conducteur auvergnat achète un véhicule à un Corse, il n'aura pas le logo de sa région. S'il le souhaite, il devra changer sa plaque et payer : ça revient donc au même. Cela aurait été intéressant de faire comme aux Etats-Unis : une plaque attitrée à un conducteur à vie. A ce moment-là, on réalise réellement des économies. J'espère sincèrement que ce n'est pas une nouvelle technique pour extorquer encore plus les automobilistes. "
Myriam, secrétaire de 54 ans, est dubitative : " L'Etat veut tout bouleverser ! s'exclame-t-elle. Le système était très bien avant ! Toutefois, je trouve logique que pour les nouvelles plaques nous ayons le choix du département mais pas celui de la région. Certains problèmes se posent comme celui des habitants de Loire-Atlantique qui se considèrent plutôt Bretons : ils voudraient avoir le numéro 44 ainsi que le logo Breta-gne mais c'est pénalisable. Je suis attachée à ma région de naissance, Midi-Pyrénées, mais ce n'est pas pour autant que je vais mettre ce logo. Je préfère celui de l'Auvergne, ma région d'adoption et celle dans laquelle je réside. Il faut rester cohérent. "
" Je trouve cela inutile "
" Je suis contre ce système ", avoue Sylvain. Ce fonctionnaire de 30 ans déclare, qu'à terme, " il faudra changer toutes les plaques d'immatriculation et que cela va en-gendrer des frais supplémentaires pour tous. J'ai l'impression que cela entre dans le cadre de l'harmonisation européenne puisque ce dispositif est déjà en vigueur en Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne, etc. Il y aura également une perte de l'identité régionale à cause du libre choix. Lorsque l'on achètera un véhicule d'une région diffé-rente, il faudra refaire sa plaque ou garder le logo qui est dessus. On annonce aussi dans les médias que ce changement est en partie pour des raisons de sécurité : à mon sens, cela ne bouleversera rien. Par ailleurs, le travail des forces de police ne sera pas facilité puisqu'elles devront jongler avec les deux systèmes d'immatriculation. " Mais Sylvain souligne tout de même un point positif, non négligeable : " Pour l'achat d'un véhicule neuf, le fait que l'immatriculation soit donnée par la concession entraînera un gain de temps car les conducteurs n'auront plus besoin d'aller dans les préfectures. Et surtout, il n'y aura plus d'immatriculations provisoires. "
Pour certains, le nouveau système provoque de l'indifférence. C'est le cas d'Alain, retraité de 60 ans. " Je subis ce système puisque c'est encore quelque chose d'imposé par le gouvernement pour des raisons liées à la taille des plaques. Le point positif, c'est que nous n'aurons plus à les racheter lors de l'achat d'un véhicule. Au départ, l'Etat avait décidé de mettre simplement les lettres et chiffres. Je trouve regrettable que sous la pression de divers lobby, il cède pour partie en autorisant le rajout du logo de la région et le numéro du département. Cela ne m'aurait pas gêné de ne rien mettre. Cette histoire me laisse indifférent. "
" C'est un scandale ! s'insurge Maurine, 36 ans. Je suis représentante et je change de véhicule tous les ans. J'achète des voitures d'occasion âgées à cause de mon petit budget. Avant, ce n'était pas la peine de faire de nouvelles plaques d'immatriculation puisque les véhicules provenaient du département. Aujourd'hui, il va falloir encore payer pour toutes les voitures qui n'auront pas les nouvelles plaques. Tout ceci n'est qu'une histoire d'argent ! Avant, les conducteurs pouvaient avoir leur carte grise dans l'heure en allant à la préfecture. Maintenant qu'elle est envoyée par courrier, il faudra plus de temps. Et qui va payer les frais d'envoi ? "
Les avis restent partagés et risquent d'être plus tranchés avec le recul…
Audrey GOBIET.
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