Ce qu'ils pensent de la mesure
Claude Vazeille, patron du Richelieu

Pour Claude Vazeille, il était déjà illogique qu'il y ait deux taux de TVA différents en France dans la restauration, un taux à 5,5 % pour la restauration rapide et les plats à emporter, et un autre à 19,6 % pour tous les autres restaurants…
" Nous sommes assaillis par les charges, et l'on est devenu de véritables percep-teurs d'impôts. Sur 10 euros, 2 d'entre eux repartent à l'Etat. Il faut que le gouverne-ment mette rapidement en place cette baisse du taux de TVA. En contrepartie, cela se traduira par des embauches de personnel, une augmentation des salaires, mais aussi par des investissements dans l'entreprise, car nous devons renouveler le matériel ou faire de la maintenance régulièrement. Par contre, il ne faut pas rêver : proposer des baisses de prix sur les menus est quasiment impensable. Nous sommes déjà au ta-quet. "
Jean-Claude Leclerc, chef du restaurant éponyme

" Personnellement, j'aurais préféré une baisse des charges. Mais bon, si cette me-sure passe, on va la prendre. Cela nous permettra peut-être d'embaucher mais surtout d'augmenter les salaires pour le personnel. J'ai recruté récemment trois BTS en leur proposant des SMIC hôteliers, c'est très frustrant. Dans le même temps, trois de mes employés sont partis en Suisse. Vu les conditions proposées là-bas, impossible de les retenir. Quant à une baisse des prix sur les menus, franchement, je n'y crois pas. Avec l'augmentation du prix des produits depuis trois ans, nos marges de manœuvre sont minimes. On vit sur un fil en permanence.
Je souhaite donc rester prudent. Il ne faudrait pas non plus que l'on nous reprenne d'une main ce que l'on va nous donner de l'autre. On entend ici ou là des rumeurs, avec par exemple un éventuel renforcement des contrôles sanitaires. Si cette mesure ne me dérange pas, il ne faudrait pas non plus qu'elle nous pénalise financiè-rement. "
Cyril Zen, chef de la Bergerie de Sarpoil

" Cette mesure, je l'attends en fait depuis que je me suis mis à mon compte, il y a neuf ans. Cela me permettra de mieux payer mes employés car l'on a énormément de mal à recruter. Nous avons mis par exemple trois ans pour structurer l'équipe de salle. Au niveau des embauches, là aussi, nous sommes prêts à jouer le jeu. Je n'ai d'ailleurs pas attendu la baisse de la TVA puisque j'ai recruté deux employés cette année, et je recherche encore une autre personne.
Comme mes collègues, je n'envisage pas une baisse des prix car on est déjà limite. Notre rapport qualité/prix est excellent. Personnellement, je préfère payer un employé 150 euros de plus par mois, et le voir très motivé, plutôt que de baisser mes menus de 1 euro. Enfin, cela nous permettra certainement d'investir, d'apporter du confort en plus pour la clientèle. "
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