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» Article paru le : 19/05/2009
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Rencontre Musique 50 ans de show-biz






Pendant cinquante ans il a connu les coulisses du show business. L'agent artistique limougeaud Albert Bescos-y-Leris revient sur une carrière bien remplie où les anecdotes se ramassent à la pelle.







Après un demi-siècle dans le show-biz en tant qu'agent artistique, Albert Bescos-y-Leris aurait volontiers continuer l'aventure... (Photo © Yves Dussuchaud) .

INFO.- Que retenez-vous de ce demi-siècle passé à côtoyer les artistes ?


ALBERT BESCOS-Y-LERIS.- J'ai eu une vie extraordinaire, l'impression d'être toujours en vacances au point que je travaillais encore il y a deux ans. Le temps a passé si vite... Enfant j'avais un tempérament blagueur, j'organisais des spectacles comiques. J'ai hérité de la belle voix de ma mère qui aurait dû être chanteuse d'opéra si elle n'avait pas fui son Espagne natale en 1919. J'ai quitté l'école à 13 ans et demi, puis j'ai été apprenti chez Lavauzelle. J'ai passé mon brevet élémentaire tout seul à 16 ans en 1945 puis j'ai été reçu au concours du Trésor, j'ai fait mon service militaire en Allemagne et j'ai rejoint l'administration des Finances…


I.- Comment avez-vous fait vos premiers pas dans le show business ?


A. B. L.- Le hasard m'a jeté dans une carrière artistique. La radio organisait la Coupe de France des variétés en province, j'ai monté la troupe " La Clé de Joie " avec Yves Devars et nous avons raflé la majorité des prix en 1955. J'amenais un style nouveau avec un grand orchestre qui jouait un thème en fonction du style de chaque artiste. Limoges était la plus grande région radiophonique d'après guerre, j'ai ensuite reçu des demandes pour monter des spectacles. Et je suis devenu rapidement impresario, agent artistique. Mon agence est devenue la première en région…



Il jouait du piano, Debout ?…






Serge Lama avait été invité au gala de presse au début des années 80 par Albert-Bescos-y-Leris. (Photo : Collection Particulière Albert Bescos Y Leris / © DR)

I.- Vous avez été à l'origine de la carrière de Jean-Jacques Debout ?


A. B. L.- Je l'ai bien connu avant qu'il ne perce dans la chanson et regroupe des artistes avec qui j'ai travaillé régulièrement durant des années. Il n'avait que 17 ans en 1956. J'étais en tournée dans l'Ile de Ré avec le grand orchestre limousin Marcel Debernard. Jean-Jacques était en vacances chez son beau-frère garagiste à Saint-Martin-de-Ré. Un radio crochet a été organisé, à mon initiative, au Bois-Plage par René Hurtaud, président du club de football. Je présentais les candidats sur scène et le très net vainqueur fut Jean-Jacques Debout. Dès lors il fut mon invité permanent, au Bois-Plage, à l'hôtel où l'orchestre Marcel Debernard logeait. Des liens amicaux qui nous unissaient naquit le projet d'organiser du théâtre classique dans la cour de l'ancien hôtel de la monnaie, près du port de Saint-Martin. Ce projet ne se fit pas car, entre-temps, Jean-Jacques se lança dans la chanson grâce au titre avec lequel il gagna le radio-crochet, " Les boutons dorés ". Personne ne se doutait que, deux ans après, ce serait son premier disque et que tous les jeunes fredonneront cet air ! Nous nous reverrons deux ans après, à Limoges au cinéma " Le Paris ", où se produisait Johnny Hallyday, avec Jean-Jacques Debout en vedette américaine.



De Brel à Dalida



I.- Vous avez des souvenirs à la pelle ?


A. B. L. - J'ai beaucoup travaillé avec Dalida que j'avais rencontrée lorsqu'elle était l'amie du pseudo comte de Saint-Germain. C'était une femme très sensible dont je garde un excellent souvenir. Je me souviens des concerts de Gilbert Bécaud qui méritait son surnom de Mr 100.000 volts. Après un concert dans les Deux-Sèvres où il s'était donné à fond, il a essoré sa chemise sur scène. A Pamiers lors de la fête de l'été de RMC où je programmais des orchestres, j'ai vu chanter Brel sous chapiteau. Il avait une beauté extraordinaire et il dégageait du fluide que l'on ressentait véritablement. Il avait un grand cœur... J'ai aussi souvent programmé Serge Lama, comme lors d'un gala de presse sous chapiteau à Saint-Yrieix. A la fin d'un concert il a offert devant moi son cachet à une œuvre de bienfaisance. J'ai fait venir Francis Lalanne à la fête de L'Echo à Saint-Priest-Taurion et à celle du PC, à Saint-Junien, j'ai programmé Daniel Balavoine qui n'était pas communiste et avait dit du mal des communistes lors d'une émission de télé. Il avait demandé de clore le débat avec une grande dignité qui m'avait émue.


I.- La Foire expo reste un grand souvenir ?


A. B. L.- En 1990 j'ai suggéré à Jean-Pierre Loustaud de créer un thème chaque année, ce qui se faisait déjà en Espagne. Pour le premier il a choisi l'Espagne et le nombre d'entrées a augmenté et l'idée a fait son chemin. Je me souviens avoir programmé Dalida à la Foire Expo lorsqu'elle avait lieu au Champ de Juillet et Pétula Clark


I.- Une dernière anecdote ?


A. B. L.- Ce jour-là, à St-Yrieix, c'était le dernier jour de la tournée estivale de Jean-Claude Pascal, acteur de cinéma très apprécié et converti en chanteur depuis son récent succès à l'Eurovision avec " Nous, les amoureux ". Son secrétaire m'intriguait à cause du sac à pommes de terre à moitié plein dont il ne se séparait jamais. Je me doutais de quoi il s'agissait mais préférais le questionner. Sa réponse fut " pour prévenir tout vol, j'ai placé tous les cachets de la tournée dans le sac ! "…




Propos recueillis par

Corinne Mérigaud .



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