Zapping
Chroniques de la semaine de Stéphane FÉLIX

" C'est, finalement, le Prince Charles qui a débarqué en lieu et place de sa royale maman, clôturant ainsi le rocambolesque feuilleton diplomatico-protocolaire opposant l'Elysée à Buckingham autour des cérémonies du D Day. "
Il faut dire qu'en " oubliant " d'inviter Sa Gracieuse Majesté aux commémora-tions du 65e anniversaire de l'opération Overlord, le gouvernement français n'avait pas seulement fait preuve de maladresse : il avait pris un peu trop de libertés avec l'Histoire. Car si Elizabeth II est le dernier chef d'Etat encore en vie à avoir porté l'uniforme durant la Seconde Guerre Mondiale, son peuple a également payé un lourd tribut au Débarquement et à la Libération de la France. " Shocking ! ", pour tous les tabloïds… comme pour François Bayrou, sans doute moins anglophile que sarkophobe quand il se fend d'un cinglant " Sarkozy voudrait être seul sur la photo avec Obama "…
Mésentente cordiale
Il aura fallu que le président américain intervienne pour gendarmer tout ce petit monde et imposer, sans avoir l'air d'y toucher, la présence d'un membre de la famille royale au président français. Ce faisant, le locataire de la Maison Blanche n'a pas seu-lement infligé un camouflet à son homologue : il lui a rappelé, sur fond de rebondisse-ments dignes d'une chronique de Stéphane Bern, que l'Angleterre reste le plus grand des porte avions américains et qu'une relation très particulière la lie à ses anciennes colonies.
En filigrane, ce petit coup de canif dans l'Entente Cordiale aura eu le mérite de re-mettre la France dans le sens de l'Histoire : il l'aura ramenée à une époque où, invitée de dernière minute parmi les vainqueurs, elle devait batailler ferme pour décrocher un strapontin à Yalta et à Potsdam…
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