Mélanie Penot Lutteuse acharnée
Vice-championne de France… en lutte. Du haut de son mètre cinquante, la jeune moulinoise Mélanie Penot a l'art de tromper les apparences.
Une jolie blonde souriante… Une jeune fille menue et pas très grande… Méla-nie Penot n'a pas le profil. Du moins pas celui que l'on attend quand on rencontre une lutteuse, qui vient de se classer deuxième aux championnats de France. La lutte, c'est sa vie. Entre rapidité et technicité, la force des bras pour faire tomber son adversaire. Sur les tapis depuis l'âge de cinq ans, elle livre des combats acharnés avec un seul l'objectif que l'autre morde la poussière. " Des amis connaissaient la lutte, mon frère s'est ensuite inscrit et quand j'ai eu l'age, j'ai voulu moi aussi en faire. J'adore le com-bat. Quand j'étais plus jeune, les autres se moquaient souvent de moi à cause de ma taille. Je crois qu'au début, je me disais que c'était un moyen pour moi de me défendre. Finalement et heureusement, ça ne m'a jamais servi. ", raconte-t-elle.
Après une pause pendant quatre ans, " pour se concentrer sur la scolarité au collège et pour des problèmes de dos ", elle reprend l'entraînement. L'envie était trop forte. Les compétitions, les victoires - fréquentes quand elle était petite - les défaites également, la lutte lui manque. Combative et déterminée, consciente de l'effort, rigoureuse et prête à tout, elle est dans la vie comme la sportive sur le tapis. Derrière l'air doux de son visage de jeune fille qui se destine à être infirmière, la rage du combat ne faiblit pas. A tel point que dès son retour à la compétition, il y a deux ans, Mélanie Penot pointe aux championnats de France cadets : " J'avais perdu beaucoup. Petite, je gagnais. Là, ça a été beaucoup plus difficile. J'ai dû reprendre des muscles et apprendre des prises que je n'avais pas le droit de faire, plus jeune. Au championnat, j'ai manqué de force et de rapidité. J'ai donc terminé à la deuxième place. " Le 8 mai dernier, c'est de nouveau sur la deuxième marche du podium qu'elle se classe à Sarrebourg, en Lorraine.
Les choses étaient loin d'être gagnées. Car si la compétition est dure, le combat que doit livrer Mélanie chaque semaine est tout aussi compliqué. Quand on est une jeune fille, pratiquer la lutte au quotidien n'est pas facile dans un département comme l'Allier. A Moulins Lutte, le club dans lequel elle évolue, les effectifs féminins sont faibles. Au-cune compétitrice n'entre dans la même catégorie ( moins de 43 kilos) qu'elle, la jeune fille doit donc faire ses armes contre des garçons ou des femmes adultes. Bien sûr, cela l'ennuie. Mais si les lumières du haut niveau la tente, elle n'y sacrifiera pas sa vie.
Cindy ROUDIER
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