Me Bernard Vassy " Notre métier ouvre aux objets et aux hommes "
En véritable passionné, le commissaire-priseur clermontois évoque son métier et livre un regard sur le monde de l'art et des ventes aux enchères.
Info - Que recoupe exactement votre fonction ?
Bernard Vassy - C'est un métier extraordinairement vivant et varié, qui procure une grande ouverture sur le monde de l'art en général, mais aussi sur l'environnement économique et social. Il y a une activité un peu plus intime, qui est celle de l'inventaire et de l'estimation, et le côté public de la vente aux enchères, assimilée à un spectacle. Nous avons aussi une activité volontaire et une autre judiciaire. Celles-ci nous permettent d'être au contact de toutes les catégories sociales. Notre métier ouvre aux objets et aux hommes.
I.- Clermont-Ferrand est-elle une place forte de l'art en France ?
B. V. - La salle des ventes de Clermont a une très bonne réputation, car depuis les années 50, il y a une excellente marchandise. Beaucoup de lyonnais viennent d'ailleurs acheter ici. Notre étude reste une bonne étude de province, avec parfois des ventes exceptionnelles comme ce tableau flamand que nous avons vendu 2 M d'€ avec mon associé Philippe Jalenques.
I.- Justement, quel est votre plus beau souvenir en terme de vente ?
B. V. - Ce pourrait être la succession Charton, une vente de 36 tableaux par la fa-mille du peintre. Mais ma plus belle vente s'est faite à Paris, avec des livres de collec-tion sur la gastronomie, pour laquelle j'avais fait réaliser un catalogue considéré au-jourd'hui encore comme l'un des plus beaux spécimens jamais effectués sur une vente aux enchères publiques.
Je suis très fier aussi des ventes d'objets publicitaires Michelin avec Pierre-Gabriel Gonzales. C'est un peu notre image de marque. Je repense notamment au fameux " Guide rouge 1900 " vendu au grand chef Pierre Troisgros.
I.- Une anecdote…
B. V. - Le jour où j'ai vendu dans la liquidation d'une entreprise de pompes funèbres un cercueil tout neuf. Il a été acheté par un couple de personnes âgées. Celles-ci sont ressorties du dépôt en portant le cercueil un peu comme une pirogue, lui devant, elle derrière.
I.- Pierre Berger ou Kenzo se séparent d'une partie de leur collection, qu'en pensez-vous ?
B. V. - on assiste à un phénomène de "peopolisation". Ce qui fait maintenant la va-leur d'un objet, c'est désormais le nom de son propriétaire et non plus la valeur de l'objet lui-même. Il y a un aujourd'hui un côté fétichiste et people plus marqué.
Par exemple, la robe que portait Marylin Monroe lors de l'anniversaire de Kennedy s'est vendue quarante ans après 1,2 million d'euro, alors que celle-ci portée par une personnes inconnue n'aurait pas dépassée 200 ou 300 euros.
I.- L'actualité des prochaines semaines…
B. V. - Plusieurs ventes bien sûr, dont une de charité le 8 juillet au Casino de Royat au profit de la Maison des parents, avec des maillots dédicacés par des stars du foot et du rugby. Je prépare également une vente d'objets kitsch au profit de l'association " L'Auvergne pour un enfant ".
Entretien : Jean-Paul BOITHIAS
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CV Express
1954 Naissance à Paris, le 12 juillet.
1983 Après des études à Sciences-po, obtient son diplôme de commissaire-priseur.
1987 Après Orléans et Pithiviers, arrive à Clermont-Ferrand.
1996 S'associe avec maître Philippe Jalenques.
2000 Création du groupe Ivoire. Celui-ci fédère une quinzaine d'études à travers la France.
2004 Nommé membre du Conseil des ventes.
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